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Quand mes doigts me parlent tricot

observer, observer et encore regarder ce qu'on fait quand on tricote

Quand je tricote, je ne fais pas que regarder mon tricot avec mes yeux, j’écoute aussi ce que me disent mes doigts. Oui, mes doigts me parlent, et vos doigts vous parlent certainement aussi, c’est juste qu’on n’a pas l’habitude, dans nos pays occidentaux, d’y faire attention. En allemand, la langue de mon quotidien, ça s’appelle le Bauchgefühl, le sentiment du ventre ou l’impression qui vient du ventre en traduction littérale, une des traductions courantes est l’intuition, c’est juste moins parlant. 

Mes doigts savent très bien ce qu’ils devraient sentir et ils savent aussi quand ce qu’ils sentent n’est pas ce qui devrait leur passer entre les doigts. Je vous entends d’ici penser : „Mais de quoi elle parle ?” Ce dont je parle ici, c’est cette petite voix qui nous dit „Il y a un truc qui cloche”. Ce sont juste mes mains qui me transmettent ce message, à moi de l’écouter ou de l’ignorer. Evidemment, c’est plus facile d’être attentif à cette petite voix quand je tricote seule que quand je tricote avec des amies et c’est sans doute pour cela qu’on se retrouve régulièrement à défaire ce qu’on a tricoté pendant un café-tricot.

regarder son tricotSouvent, quand je tricote, il y a un truc qui fait tilt, je ne sais pas le dire autrement. C’est un signal qui me dit : „Regarde ton tricot”, et en effet, en général, je détecte immédiatement une erreur, une maille glissée au lieu d’être tricotée, un décalage dans mes côtes 1/1, ou toute autre erreur de ce type. Parfois aussi, je ne trouve pas, et là, s’il est plus de 9 heures du soir, je laisse mon tricot de côté, parce que le soir, mon cerveau marche au ralenti, il est déjà à moitié endormi, et le risque d’avoir à tout défaire le lendemain est grand ! (Quand j’y pense, c’est bien plus désagréable de défaire ce qu’on a tricoté seule que de défaire ce qu’on a tricoté au tricot  thé – fin de l’aparté.)

J’essaie de toujours écouter ce que me disent mes mains, parfois, je ne trouve vraiment rien qui cloche, parce que l’erreur est plusieurs rangs avant ou difficile à trouver ou parce c’était une fausse alerte, tout va bien, parfois aussi, je n’entends aucun message d’erreur, et pourtant, il y en a bien une. Mais c’est la vie d’avoir une torsade qui n’est pas dans le même sens que les autres ou un jeté en trop dans un point de dentelle. Si cela me perturbe vraiment, et que je sens que je ne vais pas porter l’ouvrage à cause de cette erreur, je défais. Mais en général, très vite, j’oublie complètement ce petit défaut et après quelque temps, je suis incapable de le retrouver.

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4 Comments

  1. C’est avec délice que j’ai découvert votre blog. Les mots que vous utilisez pour parler de votre passion est très touchante et apporte à vos articles une grande chaleur humaine. Merci. J’ai également le tricot pour passion – pour atténuer ma peine (la perte de mon fils aîné) et depuis grâce à mon blog je partage mes petites astuces. Je me suis inscrite et je serai très heureuse d’avoir vos articles. Si vous le permettez je renverrai mes abonnés vers vous. Bonne journée.

  2. Ce sont mes yeux lisent tes mots et pourtant j’entends tout à fait le sens de ton propos 😉 C’est joliment dit et tout à fait vrai !

  3. ouiii tout à fait d’accord, moi je suis très tactile et je sens souvent les erreurs, mais parfois je ne les sent pas tout de suite et je dois défaire un bon bout, car une fois que j’ai vu qu’il y a une erreur impossible de continuer il faut que je détricote même si on me dit que ça ne se voit pas, moi je le sais !

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